Stéphany Hasselsweiller
artiste peintre

  Cabosser, dévier, ajouter, développer, idéaliser, métamorphoser l'image photographique : mes visions bifurquent. Nous sommes dans la position du témoin et de l’observateur. Je cherche à exprimer un geste situé à l’intersection entre le mouvement et l’immobilité. Ici le matérialisme en brouille l’accès et produit des images derrière lesquelles le sens a disparu. Oui, on dirait une forêt avec ses cimes et ses piliers, mais c’est un temple malade où la vie peine à circuler. L'essentiel de ma peinture se traduit en lumières.
Autant de brèches où la vie s'infiltre
Première histoire : Une crevasse, une fissure
Une percée au coeur de l'essence même
Et après
Elle aime : son chien Benjamin, avant toute chose
son blue-jean-slim, Mr X et l'autre,
son sac à main motifs écossais avec dessus écrit Sex Pistols
et le dernier album de Laura Pausini


Les symboles ont cédé sous la force des empires financiers. Le mouvement est au sol : sur les rails, il y a un train qui passe, aussi banalement extraordinaire que le temps autour d’un cadran, un cortège funéraire avec ses couronnes de fleurs ou un habitué au comptoir de son bistrot de quartier ; il est dans le ciel également, esquissé à travers des formes étranges qui tournent en rond, qui vont et viennent, de formations en déformations.
Deuxième histoire : Quel chemin prendre lorsque l'on a, la cervelle bouillie
Eric Satie : Trois morceaux en forme de poire : manière de commencement


La ville serait comme une usine à fabriquer de la matière, qui pourrait tout envahir, d’autant que ces formes une fois libérées paraissent incontrôlables et capables de prendre le dessus sur leurs créateurs.
La lumière est douce, chaude, caressante, mais elle provoque une anesthésie. Cette anesthésie, c’est la fascination suscitée par ce que nous avons mis en œuvre, son caractère inéluctable, son entreprise de désintégration. La couleur rouge, c’est le sang des hommes, c’est la passion qui s’est changée en soumission, les verts, les bleus; ce sont ces herbes folles après le passage du feu. La sueur des hommes est collée aux carreaux, se reflète sur les surfaces métalliques.
Troisième histoire : La litanie remonte jusqu'à mes oreilles, grisante
Le coquelicot s'est éclaté et a giclé de sa substance : rouge
Des baguettes d'acier sont les causes de ma claustration
Fever Ray : Keep the Streets Empty for Me


Le vent tourne, l’invitation à la vie pourrait-elle être déclinée ? À l’heure du couchant, on se demande toujours depuis qu’on est enfant si le soleil se relèvera le jour suivant.
Les âmes se décideront-elles à emprunter les passages verticaux qui constituent la liaison entre la vie d’en haut et la vie d’en bas, pour vivre autrement que dans le chaos, avant la chute. Où est notre vocation ?

E. Claeys

 
 
 
Mise à jour site : 23/10/2016
 
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